Climbing District : Une deuxième vague de grève secoue le monde de l’escalade indoor
- GrimpActu
- il y a 21 heures
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À peine une semaine après la grève inédite chez Climb Up Aubervilliers, c’est désormais au tour des salarié·es de Climbing District de hausser le ton. Dans un climat de tension croissante, une deuxième mobilisation fait irruption dans l’univers de l’escalade indoor, révélant une crise plus profonde qu’il n’y paraît. Cette fois, ce sont les équipes de Climbing District qui s’arrêtent pour dénoncer une dégradation continue de leurs conditions de travail.
Une mobilisation révélatrice d’un malaise généralisé
Ce nouveau mouvement de grève, porté par la CGT et soutenu par de nombreux grimpeurs et grimpeuses, dénonce une logique de rentabilité poussée à l’extrême, au détriment de la santé physique et mentale des salarié·es. Entre plannings instables, surcharge de travail, et pression commerciale constante, les équipes affirment ne plus pouvoir suivre le rythme.
La goutte d’eau ? L’annonce récente de neuf licenciements économiques, survenue juste après le rachat de quatre salles à Londres, l’une des villes les plus chères au monde. Une stratégie financière incomprise, vécue comme une trahison par le personnel déjà à bout de souffle.
Des conditions de travail dénoncées comme intenables
Les témoignages convergent : horaires démentiels (démarrages à 6h30, fins de service après minuit), heures supplémentaires imposées sans consultation, absences de majoration pour les dimanches, jours fériés ou horaires de nuit. Le tout, sans compensation adéquate ni dialogue avec la direction.
Les employés évoquent également des pratiques managériales anxiogènes : surveillance intrusive, communication brutale, objectifs de chiffre d’affaires jugés inatteignables. Certaines équipes affirment même être poussées à contourner les règles de sécurité pour maximiser les ventes : comme autoriser l’accès à des enfants trop jeunes aux zones adultes.
Un métier exigeant, peu reconnu
Derrière le sourire des hôtes et l'énergie des équipes d'accueil se cache une réalité bien différente. Ramassage de serviettes sales, gestion de flux importants de public, inhalation prolongée de magnésie, exposition à des nuisibles... le quotidien est loin d’être glamour. Malgré cette polyvalence, la rémunération reste proche du SMIC, avec des primes difficilement atteignables.
Les salariés alertent également sur le manque de formation et de reconnaissance. Certains assurent la sécurité de pratiquant·es sans diplôme spécifique, mettant leur responsabilité en jeu sans protection adéquate.
Une vision de l'escalade à repenser
Alors que Climbing District cherche à s’imposer comme une référence "premium" dans le paysage de l’escalade, la dissonance entre le discours marketing et la réalité vécue par ses équipes devient criante. La suppression des tarifs réduits pour les publics précaires, couplée à une hausse importante des prix, pose également la question de l’accessibilité de ce sport.
Face à cette situation, les salarié·es appellent à une revalorisation des salaires, un meilleur respect de leurs droits (notamment via le DUERP), des conditions de travail saines et sécurisées, et une véritable concertation avec la direction. Une caisse de grève a été mise en place pour soutenir le mouvement.
Une dynamique nationale en train de naître ?
Après Aubervilliers, Climbing District devient le symbole d’un mouvement plus large qui pourrait s’étendre à d'autres structures. La professionnalisation de l’escalade doit s’accompagner d’une reconnaissance réelle de ceux et celles qui la rendent possible au quotidien.
Ce mouvement, bien plus qu’une simple grève, questionne profondément les fondements d’un modèle économique qui sacrifie l’humain à la performance. Pour les salarié·es, l’heure est venue de remettre les valeurs de l’escalade au cœur du fonctionnement de leurs entreprises.


Quitte à tout pomper sur Vertige Media, vous pourriez au moins les citer.